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Publié le
20
November
2023
Mise à jour le
12
minutes

Interview : Joyce Kettering de WeWeb

Stephanie
Menezes
Alicia
Birouste

Interview avec Joyce Kettering, figure clé chez WeWeb. Au cours de cette conversation captivante, Joyce nous partage son parcours atypique, de la formation littéraire à l’univers du NoCode. Elle évoque l'évolution de WeWeb depuis sa création en tant que website builder jusqu'à sa transition vers les applications web, tout en expliquant comment l'équipe a su surmonter les défis.

Découvre le récit d’une passionnée par son métier et par l’outil WeWeb.

Je pense que c'est important de dire que le « NoCode », c'est un vrai métier. C'est aussi la raison pour laquelle notre stratégie de contenu est largement axée sur l'apprentissage de la programmation visuelle.”

Hello Joyce, est-ce que tu peux te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

Bien sûr, je suis Joyce et j'habite à Paris. J'ai un parcours littéraire avec un master en recherche en poésie romantique anglaise. Après, j'ai fait de l'audit financier. Ensuite, je me suis mise à mon compte, j'ai aidé des musiciens à gagner leur vie. Puis, je suis tombée dans l’univers des start-up et enfin, dans le monde du NoCode.

Tu dis que tu es tombée dans le NoCode. À quel moment as-tu commencé à t’y intéresser ?

En fait, avant mon parcours qui a été marqué par des zigzags, j’ai compris que le point commun à tout ça, c’était la passion d’apprendre de nouvelles choses. Après mes études, j'avais envie de faire autre chose que d'être prof. Une fois que j'avais fait de l'audit financier, j'avais envie d'apprendre autre chose encore et d'essayer l'entrepreneuriat. Et le NoCode, ça s'inscrit pas mal là-dedans.

Est-ce que tu peux nous parler de WeWeb et de comment il est né ?

WeWeb a été créé en 2018-2019 en tant que website builder. La différence avec Webflow était qu'il n'y avait pas de CMS intégré. Au lieu de cela, les utilisateurs connectaient un headless CMS à WeWeb pour générer des pages dynamiques. Cela offrait une approche NoCode à la JAMstack dont on parlait beaucoup à l’époque et qui répondait aux besoins des utilisateurs préférant avoir plus de contrôle sur leur contenu.

L'équipe de WeWeb a rejoint Y Combinator, un énorme incubateur de start-up en Californie, avec cette vision du projet en tant que website builder. Pendant sa participation, l'équipe s'est confrontée à des défis pour définir clairement son marché cible. Elle a compris que même si les gens appréciaient l'offre pour les sites web, WeWeb ne se démarquait pas encore assez bien par rapport à des acteurs déjà bien installés comme Webflow. L’équipe s’est rendu compte que les utilisateurs de WeWeb aimaient beaucoup l'outil et le modifiaient en quelque sorte pour créer des applications web.

Il y a eu donc une transition, un pivot vers les applications web.

C'est ça notre vraie différence et notre valeur : Gérer des sites web plus complexes, où il y a beaucoup de données dynamiques et d'interactions. Je suis arrivée à ce moment-là, après ces galères et au moment où l'équipe venait de sortir les workflows NoCode. Avant, on pouvait faire des workflows mais en JS.

Après ce pivot, comment WeWeb a acquis de nouveaux utilisateurs ?

J'ai été recrutée en tant que Product Marketing Manager. L’objectif était de penser au positionnement du produit et d'en parler d’une manière ciblée, en mettant en avant ses fonctionnalités et en expliquant clairement ce qu’il offrait. Un de mes premiers challenges, et on a beaucoup travaillé dessus avec Quentin et Raphaël, était de savoir comment positionner WeWeb par rapport aux autres outils NoCode. En quoi on était différent de Webflow, de Bubble et Softr ? Quelle valeur on apportait ? Je pense que ce sont les trois outils, au début, sur lesquels on s'est concentré.

La communauté No-Code France a une énorme place dans tout ce chemin après Y Combinator, et même encore maintenant. On a une chance incroyable d'avoir une relation privilégiée avec cette communauté, d'avoir notre propre canal. On fait des live streams tous les lundis. On est en contact proche avec plein d'utilisateurs français et maintenant aussi internationaux.

Après avoir récolté des feedbacks, quelles actions vous avez effectué par la suite ?

Nous avons eu des retours utilisateurs qui disaient qu’ils avaient envie de nous essayer parce qu'on était français. Cependant, ils demandaient aussi “Pourquoi devrais-je vous choisir au lieu de Webflow, Bubble ou Softr ?”

On a donc commencé par essayer de clarifier nos valeurs, nos qualités et nos défauts par rapport à ces outils. Et on a refait un lancement Product Hunt pour annoncer les nouveautés.

En passant d'un website builder plutôt standard à un vrai front-end builder pour les applications, le produit était suffisamment différent. Ça a vraiment bien marché ! On a eu plein de nouveaux utilisateurs et utilisatrices après.

Donc, vous avez réussi à faire croître votre base d'utilisateurs avec cette approche ?

C’était en décembre 2021 et je pense que ça nous a tenus jusqu'en février 2022. Vraiment, on a senti un gros pic. C'était le premier élément d'acquisition. Sachant quand même qu'à ce moment-là, le produit était encore jeune. Je pense que les développeurs chez SuperForge le diront, rien qu'entre juin 2022 et juin 2023, il y a un énorme gap (les devs SuperForge confirment 👍😄).

Du coup, on a passé beaucoup de temps à itérer, à discuter avec ces premiers utilisateurs. On a eu nos premiers gros clients, vers septembre 2021. Les premiers vraiment gros clients sont les clients que tu aides à construire leurs projets parce que tu sais que ton outil n'est pas encore suffisamment intuitif pour qu'ils se débrouillent tout seuls. Je dirais que ça a duré six mois à un an. Depuis le début de l'année, peut être même depuis fin 2022, le produit est suffisamment abouti pour les utilisateurs et utilisatrices, même s'il y a toujours plein de choses à améliorer. Et puis, il y a encore plein de features qui arrivent.

Pour développer WeWeb, est-ce vous avez tout fait en interne ? Tu peux nous parler de l’équipe WeWeb ?

Tout le développement a été effectué en interne. Pendant Y Combinator, l'équipe était composée d'environ six ou sept membres. Depuis, nous avons recruté six nouveaux membres, dont moi. Actuellement, nous sommes une équipe de 12 personnes. La moitié, ce sont les devs, après c’est un quart produit et un quart marketing.

En hiver 2021, les trois cofondateurs, Raphaël, Marc et Florian, ont été rejoints par Damien, Kevin, Aurélie et Quentin pour cette aventure intense. Ils ont passé deux ou trois mois ensemble dans une grande maison, moment crucial pour le démarrage de WeWeb.

À la fois, j'aurais adoré faire partie de l'expérience, à la fois, je me dis “Ça avait l'air vraiment très dur”.

Selon toi, quels ont été les défis majeurs que vous avez rencontrés pour concrétiser WeWeb, que ce soit d'ordre technique ou non ?

On a eu une période où il fallait vraiment convaincre les gens de nous faire confiance parce qu'on sortait de nulle part. Les gens ne nous connaissent pas. Pourquoi faire confiance à une start-up plutôt qu'à un Bubble ou un Webflow qui ont 10 ans d'existence ? On a eu beaucoup de questions type “Si vous faites faillite dans six mois, qu'est ce qui se passe ? Je perds tout mon travail ?”

C'est sûr qu'il y a des challenges techniques, mais honnêtement, quand on parle avec les devs à chaque fois, ils et elles m'impressionnent. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait de challenge technique qui leur fasse peur. Certes, il y a la notion de marketplace qu’on commence à travailler. La marketplace, c'est un des gros enjeux techniques. On nous la demande tout le temps, on sait qu'il faut la faire, on veut la faire. Les devs et l'équipe produit ont bien ça en tête. Ça fait au moins un an que leur cerveau y réfléchit. Et là, en ce moment, je vois des trucs qui se débloquent en interne.

Les gens nous font confiance maintenant, même si quelquefois, ça ne marche pas. Quelquefois, ils essayent et finalement, WeWeb n’est pas le bon fit pour leur projet. C'est un truc qu'on a toujours fait dès le début, c'est d'être hyper droit et transparent sur "On n'est pas le bon fit pour vous."

Du coup, vous êtes plutôt honnête dans votre approche…

Oui ! Par exemple, notre site vitrine, il est fait sur Webflow et on n'a aucun problème à le dire. On en parle dans notre communauté, on explique pourquoi on a choisi de faire le site sur Webflow alors que toutes nos applications internes, notre académie, notre application de support et notre roadmap publique sont sur WeWeb.

Déjà, ce sont les valeurs de l'équipe. Il n'y a pas eu besoin d'efforts pour faire ça. Globalement, côté marketing, on n'est pas fan du marketing agressif parce que de toute façon, les gens que ça attirerait, ce ne serait pas un bon fit pour nous. Ça signifierait qu’après, il faudrait faire le tri à l'entrée pour ne pas ennuyer le support avec des gens qui ne correspondent pas. Donc on préfère le tri le plus tôt possible.

Tu parles de marketing, quelle est la stratégie marketing que vous adoptez chez WeWeb ?

Création de contenu et la communauté. Chaque lundi à la même heure, on fait un live sur le Twitch de No-Code France. On répond aux questions de la communauté. Et chaque mardi à la même heure, on fait un live en anglais sur nos plateformes.

Je suis vraiment convaincue qu'à partir du moment où tu crées du contenu qui aide les gens, ça te sert partout. Ça te sert comme stratégie d'acquisition et pour alléger le support. On a l'Académie qui est plutôt vidéo, on a la documentation pour les utilisateurs et la documentation pour les développeurs et développeuses.

Après, on a un blog qui est encore assez nouveau, mais où on peut traiter de sujets typiquement du style “Pourquoi utiliser une approche découpée, genre front-end + back-end, plutôt qu'une approche monolithique ? Les avantages et les inconvénients des deux.” Ce type de contenu peut aider dans une visio avec un prospect.

Dans les pages comparatives qu'on a faites, WeWeb versus Bubble par exemple, on essaie d'être le plus objectif possible. D'ailleurs, Bubble fait la même chose et leurs pages comparatives sont excellentes parce qu'elles sont assez objectives. Bien sûr, tu mets en avant les qualités de ton outil, mais on ne va jamais “trasher” les autres outils. On n'a pas trop de mal à se différencier. En fait, à partir du moment où on arrive à expliquer clairement les différences, normalement, on aide les gens à prendre la bonne décision pour eux. Et si ce n'est pas nous, ce n'est pas très grave. Comme je le disais, ça nous économise du temps à essayer de faire marcher un truc qui ne va pas marcher dans tous les cas.

Je reviens un petit peu sur le NoCode. Tu as connu le NoCode avec WeWeb ou avant ?

Je n'avais pas vraiment entendu parler de NoCode avant. En revanche, le site de mon ancienne boîte, je le faisais sur Webflow. Mon site à moi, quand j'étais à mon compte, je l'avais fait sur Wordpress, qui est un peu précurseur du NoCode. NoCode, ça reste un terme assez marketing. Je crois que c'est Webflow qui l'a un peu lancé, mais globalement, Wix et Wordpress existaient avant.

En étant à mon compte, en ayant mon Wordpress, j'étais devenue familière avec le HTML/CSS parce qu’il en faut un peu quand même. Ensuite, j'ai fait un bootcamp Rocket School pour faire du Growth Marketing où j’ai eu des cours de Webflow.

Tu peux nous en dire plus de ce bootcamp growth marketing ?

C'est là que j'ai rencontré Quentin, qui était mon prof de Python, puisqu'on avait des cours Python pour apprendre à scraper et automatiser des trucs. Je l'ai adoré et j'ai vraiment bien accroché. Du coup, même si j'avais fait un peu de HTML/CSS, c'était mon premier truc un peu code. Dans la boîte pour laquelle je travaillais, j'ai fait le site en Webflow, mais je n'associais pas ça au NoCode.

Aujourd'hui, chez WeWeb, quel type de relation vous souhaitez avoir avec les agences ?

Quand on a revu notre pricing il y a quelques mois, on a créé un plan spécialement conçu pour les agences et on a mis en place une page dédiée aux agences sur notre site.

Avant, on sélectionnait les agences une à une, c’est-à-dire que pour devenir une agence WeWeb, il fallait venir nous voir. Parce qu'on était encore jeune et qu’on ne pouvait pas se permettre de recommander une agence et qu'ensuite, ça puisse mal se passer. On continue de recommander uniquement les agences avec qui on a cette relation privilégiée. En revanche, sur notre page agence, il y a des agences qu’on ne connaît pas, similaire à ce que Webflow ou Bubble fait.

Et les freelances, vous êtes en relation avec eux ?

Pour nous, les freelances et les agences sont pareils. Les freelances sont mis en avant sur la page agence aussi. Tu es client, tu as besoin de quelqu'un pour t'aider à construire, voilà un répertoire de personnes qui possède telles et telles compétences. Sur la page agence, par exemple, qui comprend les freelances aussi, on a des petits labels qui permettent de voir si la personne ou les personnes ont la compétence Xano, Supabase, WeWeb, Figma, etc.

Comment WeWeb favorise-t-il la collaboration avec les agences et les freelances ?

On vient de mettre en place aussi la possibilité de faire du Referral. Maintenant, tu peux avoir un lien de Referral et quand tu le partages, on te donne une commission si des gens achètent avec le lien que tu leur as partagé. Le Referral et la Marketplace ce sont des choses très intéressantes. Si les gens peuvent vendre des templates ou peuvent toucher une commission quand ils nous recommandent, c'est chouette pour eux, ça leur fait un revenu supplémentaire. Pour nous, c'est chouette en termes d'acquisition et parce qu'on partage de la valeur.

Est-ce que vous voulez vous exporter un peu plus ? Est-ce que vous voulez toucher d'autres cibles ?

Ça fait bien un an et demi qu'on est très présent à l'international. En revanche, on a un déficit de notoriété par rapport à certains outils qui sont basés dans la Silicon Valley, en Californie. Il y a ce défi de comment être vraiment dans l'esprit des gens dans des zones géographiques différentes. On est très présents dans l'esprit des Français, parce qu'on est en France et que les gens nous voient aux Meetup, dans No-Code France et tout ça.

Comment faire pour être dans la tête des gens quand on n'est pas sur place ? On a des gens qui commencent à faire des tutoriels en espagnol, en portugais brésilien. Mais il y a ce défi de comment on fait pour accélérer cette croissance internationale.

As-tu pu identifier une communauté internationale ?

À ce jour, je n'ai pas encore identifié de communauté internationale aussi qualitative que No-Code France. C’est-à-dire qu'il existe plein de communautés NoCode, mais globalement, je les trouve très commerciales et avec peu de valeur ajoutée. On revient à la stratégie marketing d'apporter de la valeur et on n'a pas encore trouvé cette communauté.

Trouver la bonne stratégie pour être aussi visible va être aussi un gros challenge.

Pour ceux qui souhaitent se lancer à dev avec WeWeb, que doivent-ils considérer ?

La courbe d'apprentissage. Tu peux rajouter du code, mais tu n'es pas obligé. En revanche, je pense que c'est important de dire que le « NoCode », c'est un vrai métier. C'est pour ça qu'il y a des agences comme SuperForge. C'est aussi la raison pour laquelle notre stratégie de contenu est largement axée sur l'apprentissage de la programmation visuelle. Ce ne sont pas des tutos WeWeb, on est vraiment sur des vidéos qui expliquent comment programmer sans code.

Le fait est que la courbe d'apprentissage n'est pas négligeable, en revanche, tu n'as pas besoin de faire une école. Tu n'as pas besoin de deux ou trois ans pour y arriver. Ça reste accessible. Du coup, il y a une notion de mixité et de diversité aussi, puisque le fait que tu puisses apprendre vraiment bien en quelques mois, ça débloque beaucoup de monde.

Le fait de débloquer beaucoup de monde, tu arrives à voir un changement de profil des utilisateurs de l’outil ?

Oui, il y a de plus en plus de femmes qui utilisent l'outil. Ça me fait toujours plaisir !

Est-ce que tu penses que l'outil fait ça ou que c’est le NoCode qui le rend plus accessible ?

Je ne suis pas sûre, mais je pense que c'est aussi beaucoup lié au fait qu’on soit (les femmes) très visibles, notamment dans le contenu. Aurélie également, qui est développeuse chez nous.

Comment abordes-tu la question de la diversité et de l'inclusion au sein de ton équipe et de la communauté ?

Dans notre communication, on essaye toujours d'utiliser des images qui mettent en avant plein de profils différents. On essaye d'éviter de faire des références culturelles, on essaye de ne pas exclure les gens. Il y a un effort conscient, en tout cas, même quand on invite des gens. En tout cas, de mon côté, je suis en charge de la marque et de la communication, c'est un truc que je rappelle régulièrement en interne.

Typiquement, quand on ouvre un poste, je fais la démarche d'envoyer l'annonce à 20 personnes qui ont des parcours un peu différents sur LinkedIn. Je le fais consciemment en me disant que les études montrent que donner la « permission », de rassurer les gens sur le fait qu'ils sont les bienvenus, ça augmente le nombre de candidatures.

C'est des choses que je pense qu'on peut tous et toutes faire à notre échelle. Ce n'est pas grand-chose, mais c’est important.

Et pour finir, quelles sont les pistes pour l'avenir de WeWeb ?

Là, on a un produit solide qui a fait ses preuves auprès de makers, de freelances, d'agences et de grands comptes. Les gens sont contents. On a encore les quelques grosses features sur lesquelles on travaille qui vont arriver très vite, notamment le versioning.

On a quelques fonctionnalités aussi qui sont vraiment pour les applications professionnelles, comme les logs de ce qui se passe dans l'application pour pouvoir débuguer plus facilement. Ce sont des choses, je pense, qui vont nous permettre de passer à l'étape supérieure. En tête, il y a les différentes branches de développement sur lesquelles on va travailler. Et la marketplace pour donner un maximum de liberté aux gens qui construisent.

On a terminé pour nos questions. Merci encore à toi d'avoir pris le temps de répondre et de nous raconter toute l’histoire et le fonctionnement de WeWeb. Franchement, c'était hyperintéressant. Merci Joyce !

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